Objets de Tabac

Pipes en écume de mer et ambre

 

Veuillez trouver ci-dessous une partie des pipes en écume de mer de collection actuellement disponibles dans notre galerie située au 35 rue de Lille 75007 Paris.

Si vous aimez l'écume de mer, découvrez ensuite nos fume-cigares et fume-cigarettes, les présentoirs à pipe exclusifs pour bien les mettre en valeur et les bourre-pipes associés.

 

Découvrez également actuellement dans la partie "Pièces de Musée" un fume-cigarette en ambre extraordinaire, le plus long connu au monde dans ce matériau.

 

L'écume de mer

L’écume de mer est une roche légère et poreuse qui se présente comme une substance blanchâtre, sèche au toucher et âpre au contact avec la langue.
Chimiquement, l’écume de mer est un silicate naturel hydraté de la famille des magnésies.

L’écume de mer s’est formée en nodules au fil des temps puis, lors de l'élévation de la chaîne du Caucase, le fond de la mer remonta à 400 mètres d'altitude pour former le plateau d’Anatolie, entraînant les poches d’écume avec lui.

C’est ainsi que, sur le globe terrestre, l’essentiel des gisements exploitables de l’écume de mer se trouve du côté d’Eské-Chehir en Turquie et une telle conjonction n’est pas prête de se reproduire.


Les années s’écoulèrent jusqu’à la fin du 18ème siècle, lorsque le comte Andrassy, en visite à Istanbul, eut la curiosité d’acheter au Grand Bazar une drôle de pierre (l’écume de mer) qu’il rapporta chez lui à Budapest. Cette pierre en écume de mer trainait quelque part dans son cabinet et y serait encore si le comte n’avait pas demandé à son savetier de lui livrer de nouveaux souliers.
Intrigué par cette pierre qu’il n’avait jamais vue, l’artisan, par ailleurs fin sculpteur, parvint à se la faire confier par le comte à condition de lui fabriquer un objet de son choix.
La légende veut que Karls Kovacs en fît une pipe: la première pipe en écume de mer.

Le comte était fort connu et le bruit se répandit de l’excellence de la nouvelle pierre, l’écume de mer. Nombreux furent les candidats à Budapest prêts à exhiber une pipe de cette fameuse matière (l’écume de mer) censée transcender leur plaisir de sorte que le désir d’en posséder une dépassa largement les milieux mondains.

Nous étions au sein de l’Empire Austro Hongrois et c’était sans compter sur Vienne la toute puissante, qui n’aurait pas supporté longtemps de rester à l’écart d’une manne pareille.

L’arrivée de cette nouvelle mode (de travailler l’écume de mer) représentait un débouché formidable pour les mains habiles des artisans viennois et, la tradition du travail de l’écume de mer commencée à Budapest, sera finalement surclassée par les Autrichiens qui en deviendront les maîtres incontestés dès 1800 : les grands artisans se transformeront en artistes et certains Maîtres-Pipiers tels que Samuel, Floge, Adler, Nolze ou Hartmann seront promus au rang de sculpteurs, attachés à la Cour Impériale d’Autriche.

Malgré la rivalité constante entre les deux villes, Vienne devint donc, pour plusieurs décennies, le centre mondial de la production de pipes en écume de mer. Les commandes afflueront de partout grâce à un réseau fort bien organisé avec des revendeurs couvrant la quasi-totalité du monde occidental.

Mais, peu à peu certains pipiers plus malins eurent l’idée de se rapprocher géographiquement de la demande, des lieux de consommation à Londres ou bien à Paris, capitale des Arts. A l’instar de tant d’autres artistes étrangers, ces derniers, par contre, sublimèrent leur art et les plus éminents d’entre eux vont y obtenir de magnifiques récompenses aux Expositions Universelles: parmi eux, impossible de ne pas citer le prestigieux Jean Sommer qui collectionnera les médailles d’or en 1878, 1889 et 1900.
La communauté s’étant agrandie, l’école de Paris prit peu à peu le pas sur celle de Vienne, d’autant qu’elle sut mieux évoluer en fonction des tendances nouvelles de l’Art Nouveau, puis de l’Art déco qui sonnèrent le glas de l’école de Vienne.

Les temps modernes s’annoncèrent avec les bouleversements provoqués par la deuxième guerre mondiale.
Les gisements commençaient, en effet, à donner de sérieux signes d’épuisement à tel point, que, craignant le pire, les autorités turques, désireuses de protéger leur artisanat local, interdiront en 1961 les exportations de toute matière brute, dont l’écume de mer.